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Les pots de Toscane habillent terrasses et jardins

C'est dans la région d'Impruneta que sont fabriqués des pots en terre cuite si solides qu'ils peuvent accompagner les jardiniers au fil des générations.



La Toscane côté paysages, ce sont les collines, les pins parasols, les cyprès et les olivers. Et côté jardins, ils sont partout autour des maisons ces pots en terre cuite qui accueillent les bougainvilliers, les buis en topiaires et surtout les citronniers.

Les pots en terracotta sont produits dans la région d'Impruneta, près de Florence. Dans ce bourg, de grands vases décorent les places publiques. Même les corbeilles à papier sont en terre cuite. Depuis des siècles, les petits ateliers familiaux produisent des tuiles, des carrelages, des objets pour la vie de tous les jours et, de plus en plus, des pots pour la décoration des jardins qui rencontrent beaucoup de succès en France, en Allemagne et en Belgique.

La base de cet artisanat de tradition, c'est la terre locale exploitée à l'arrière des ateliers. Elle contient une forte proportion d'une argile appelée galestro. «Elle est particulièrement bien adaptée au façonnage à la main, explique Enzo Zago, un des maîtres potiers ouvrant volontiers son atelier aux médias. Après la cuisson, elle a aussi la caractéristique d'être résistante au gel et de prendre une jolie teinte rosée.»

Milliers de pas

Dans le village d'Impruneta, les ateliers se succèdent au fil des rues. L'un deux n'attire guère les touristes tant les abords semblent modestes. Nous sommes pourtant chez un des meilleurs potiers de Toscane. Mario Mariani, né en 1950, est le gardien des traditions. Il a débuté dans le métier à l'âge de quinze ans et perpétue les gestes de générations de potiers capables de créer un grand pot à toute allure sans utiliser de tour. C'est le potier qui tourne autour de son travail. «Je marche beaucoup, dit Mario, mais je ne vais jamais très loin.»

Des boudins de terre malaxés à la main sur une simple planche posée près de l'ouvrage se transforment en paroi de pot avec des gestes si simples, si précis et si rapides qu'on pourrait penser qu'ils sont à la portée de tout le monde. Un pot n'est pas façonné en une fois. Ce n'est que demain, quand la base sera un plus solide après avoir un peu séché que Mario pourra poursuivre son travail en hauteur.

Moulages

La grande diversication des modèles de pots est permise par l'utilisation de moules en plâtre. Les différentes parties d'un moule sont soigneusement assemblées puis serrées avec une sangle. Les boudins de terre sont appliqués d'abord sur le fond puis sur les parois du moule. Il faut pousser vigoureusement pour qu'elle épouse les reliefs du moule. Si un moule de petite taille est rempli en une demi-heure, la tâche est beaucoup plus conséquente pour les pièces plus larges. Il faut frapper la terre avec le poing et l'avant-bras. Le travail est très physique. Lorsque la terre a suffisamment séché pour être autoportante, les moules sont enlevés pièce par pièce.

Mais le travail est loin d'être terminé. Les parois sont encore brutes avec des imperfections qui vont être corrigées à la main. Il ne s'agit pas de seulement lisser les surfaces. Tous les éléments en relief sont affinés avec soin. Les pièces doivent encore sécher avant d'être cuites. Au fur et à mesure de ce séchage, elles deviennent de plus en plus grises. La cuisson dure 60 heures avec une montée à 1000 ° C. Il arrive que des pièces éclatent et s'effondrent sur leurs voisines. Le travail de plusieurs semaines peut être perdu.

Quand on a découvre le travail des potiers de Toscane, les pots en terre cuite sur nos terrasses et balcons n'ont plus le même le même statut. Ils étaient esthétiques. Voici maintenant qu'ils une âme car cette terracotta est le travail d'artisans perpétuant un savoir-faire de tradition.

 

Vos commentaires

  • Frédérique dit:

    Je comprends maintenant les prix demandés.
    Qualité oblige !

  • Anne Marie dit:

    Je me souviens avoir vu un reportage sur une chaine française de télévision. Le travail effectivement est énorme et la beauté de ces poteries sans pareille. Quel plaisir de voir ces artisans se donner le mal de conserver les traditions de leurs ancêtres…

  • murielle dit:

    Je suis toujours émerveillée quand je les regarde tous ces vases et pots, petits ou grands. Quel travail abattu et quel plaisir intense de les voir. Je ne m’en lasse jamais. Pour moi qui suis peintre sur pots, c’est une histoire d’amour entre eux et moi.

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